EDD - LYCEE ECO-RESPONSABLE

LETTRE D'INFORMATION VERT

Par REGIS BANCEL, publié le vendredi 12 mars 2021 13:46 - Mis à jour le vendredi 12 mars 2021 14:12
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  • Les feus artifices
    hier, à 12:00
    Ensevelir des trésors naturels sous des paradis artificiels fait peser sur notre avenir une menace bien réelle. Affichez Ve...
    Les feus artifices
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    Mercredi 28 juillet 2021
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    Un numéro où l'on verra qu'ensevelir des trésors naturels sous des paradis artificiels finit par faire peser sur notre avenir une menace bien réelle.

    Artificialisation des sols : la France « au bord du gouffre »

    Laisse béton ! Tout juste adoptée par les parlementaires, la loi « climat et résilience » est passée à côté d’un défi majeur : lutter efficacement contre la disparition des sols, qui fait un ravage en France. 

    Un département tous les dix ans, la surface de Marseille chaque année, un terrain de foot toutes les cinq minutes... les chiffres de l'artificialisation des sols en France sont vertigineux. Et les conséquences le sont tout autant. Car bétonner le sol, c'est le priver de fonctions écologiques et sociales majeures, comme le rappelle Tanguy Martin, chargé de Plaidoyer à l'association Terre de liens, qui défend les terres agricoles. « En détruisant l'habitat des espèces, la bétonisation participe directement à la sixième extinction de masse. Un sol artificialisé perd en outre ses capacités à stocker du CO2, à réguler l'eau et les températures. Et puis la disponibilité des sols conditionne tout bonnement notre capacité à se nourrir », prévient-il.

    Or la tendance ne fléchit pas, ou si peu : le béton couvre désormais près de 10% du territoire. 52% des surfaces sont agricoles et 39 % naturelles, selon le ministère de l’agriculture. Le schéma suivi est implacable : « on artificialise car ça coûte moins cher que de faire du renouvellement urbain », explique Tanguy Martin. Tandis que les centre-villes se meurent, les maisons individuelles et les zones d'activité pullulent en périphérie : elles représentent à elles seules 83% de l'artificialisation en France.

    L’habitat représente 68% de l’artificialisation mesurée sur la période 2009-2018, contre 25% pour les activités, selon le Cerema) © Labex Dynamite

    Avec la loi « Climat et résilience », votée par le Parlement le 20 juillet dernier, « nous changeons de braquet et faisons un grand pas pour mieux protéger la biodiversité », promet la ministre de l’Écologie, Barbara Pompili. « Les mesures sont largement insuffisantes », rétorque Tanguy Martin. Les élu·e·s auront la charge de faire baisser le rythme de l'artificialisation sur leur territoire, jusqu'à atteindre zéro artificialisation nette en 2050. Or la pression qu'ils subissent pour artificialiser est énorme. « Déclarer un terrain constructible peut augmenter sa valeur d'un facteur 500 », illustre Tanguy Martin.

    « La France est au bord du gouffre mais au lieu de faire demi-tour, on freine seulement un peu », regrette Tanguy Martin. Pour permettre la transition agroécologique, les associations environnementales réclamaient un moratoire strict sur l'artificialisation, à l'exception de la construction de logements sociaux. C'est raté.

    • Cette semaine, des événements climatiques extrêmes directement liés au réchauffement climatique ont continué de sévir aux quatre coins de la planète. La province chinoise du Henan au sud-ouest de Pékin a connu « ses pires pluies depuis 1 000 ans » selon les météorologistes, faisant 71 morts selon un bilan provisoire (Futura). Des précipitations torrentielles ont également touché la côté ouest de l'Inde causant la mort de 159 personnes au dernier décompte (Le Monde). Au même moment, le continent américain est toujours au prise avec des températures record et une sécheresse alarmante. En Californie, les pompiers luttent depuis la mi-juillet contre le Dixie Fire, qui a déjà dévoré une surface de végétation équivalente à la ville de Chicago. - Le Monde

    • Depuis lundi, les experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) travaillent à l'approbation de leur sixième rapport, dont des ébauches alarmantes ont fuité il y a quelques semaines (Figaro). Cette immense synthèse de la littérature scientifique sur le climat paraîtra en trois volets : le premier, consacré aux sciences physiques du climat sera publié le 9 août prochain et constituera le principal apport scientifique aux négociations internationales de la COP26 de Glasgow en novembre prochain. Les deuxième et troisième volets seront dévoilés en 2022, ils portent sur les conséquences du changement climatique et sur l'adaptation/atténuation. - Reporterre

    • C'est dans ce contexte qu'aujourd'hui, plus de 14 000 scientifiques ont signé une tribune pour alerter au sujet de l'état de la planète. Sur 31 « signes vitaux » - qui incluent les émissions de gaz à effet de serre, l’épaisseur des glaciers ou la déforestation - 18 atteignent des records, selon ce texte publié dans la revue BioScience. En novembre 2019, 11 000 de ces scientifiques avaient déjà appelé à agir pour éviter « des souffrances indescriptibles ». Quelque 2000 juridictions dans 34 pays ont officiellement déclaré l'urgence climatique mais rien n'a changé sur le fond, regrettent-ils. - AFP

    •  Erratum : une erreur s'est glissée dans le début du précédent numéro : c'est bien le vote de la loi « climat et résilience » qui a eu lieu mardi 20 juillet et non l'accord entre l'Assemblée et le Sénat sur sa version définitive, trouvé le 12 juillet.

    Jeudi 29 juillet 2021

    Ça dépend, ça dépasse. Ce jeudi, l'humanité aura consommé l'ensemble des ressources biologiques que la planète est capable de générer en un an. Ce jour, dit du « dépassement », est désigné annuellement par l'ONG américaine Global Footprint Network. Atteint le 29 décembre en 1970, il arrive de plus en plus tôt chaque année, à l'exception de 2020 : sous l'effet de la pandémie de Covid-19, la date a reculé de trois semaines (au 22 août). Mais elle est revenue au niveau d'avant crise dès 2021. Avec le rebond économique actuel, l’empreinte carbone de l'humanité a crû de 6,6% tandis que la biocapacité de la terre (sa capacité à se régénérer) a baissé de 0,5% « due en grande partie au pic de déforestation en Amazonie » (Vert).

    • Suantes et trébuchantes. Entre 2015 et 2020, les canicules ont causé près de 10 000 morts en France et coûté jusqu'à 37 milliards d'euros, a révélé, mardi, l'agence nationale Santé publique France. Elle rappelle que les canicules sont les événements climatiques les plus meurtriers, et regrette une « perception du risque qui demeure faible » en France. Elle évalue l'excès de mortalité entre 16 et 30 milliards d'euros tandis que la restriction d'activité coûterait environ 6 milliards d'euros – France Inter

    • Déso, pas déso. Le géant pétrolier Shell va faire appel de sa condamnation à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, prononcée en mai dernier par le tribunal néerlandais de la Haye (Vert). Le juge avait ordonné à l'entreprise de réduire son bilan carbone d'au moins 45% au cours de la décennie, une première. Mais s'attaquer à une seule entreprise est inefficace, proteste le directeur général de Shell, Ben van Beurden, dans un communiqué paru le 20 juillet : « ce qu'il faut, ce sont des politiques claires et ambitieuses qui entraîneront des changements fondamentaux dans l'ensemble du système énergétique ». Politiques qu'il s'emploie, malheureusement, à saboter...

    • C'est mâle. Les hommes causent plus d'émissions de gaz à effet de serre que les femmes, révèle une étude suédoise menée, pendant une année, auprès de 620 célibataires. A niveau de dépenses similaire, la consommation des hommes génère 16% d'émissions de gaz à effet de serre en plus que celle des femmes. Ces derniers consomment plus de viande (rouge) et recourent à des modes de déplacement plus polluants (voiture, avion) tandis que les femmes ont une alimentation plus végétale et prennent plus souvent le train. En revanche, elles orientent une importante partie de leurs dépenses vers le mobilier et les vêtements. - The Guardian (en anglais)

    155,7 milliards d'euros

    Ça brouille les coûts. La pollution sonore coûte de plus en plus cher en France, alertent l'Agence de la transition écologique (Ademe) et le Conseil national du bruit dans une nouvelle étude parue jeudi 22 juillet. Le bruit génère à la fois des dépenses de santé, des dépréciations immobilières ou encore des pertes de productivité dont le coût sociétal a presque triplé en cinq ans ! Sur les 155,7 milliards d'euros estimés pour 2021, la moitié provient uniquement du trafic routier. Avec une mention spéciale pour les nuisances des deux-roues ! On estime ainsi que neuf millions de Français·es sont exposé·e·s à des niveaux de bruit excessifs. Or le bruit est un fort marqueur d'inégalités sociales, puisque les plus exposé·e·s sont aussi les plus précaires, constate l'étude.

    • Gestes barrières. Lundi, le Conseil d’État a donné six mois au gouvernement afin que celui-ci durcisse les règles d'épandage de pesticides « pour mieux protéger la population ». La plus haute juridiction administrative juge notamment que les distances minimales à respecter entre les zones d'épandage et les habitations sont insuffisamment protectrices. Au grand dam des associations, le gouvernement les avait fixées, en décembre 2019, à cinq mètres pour les cultures dites basses (légumes, céréales) et dix pour les cultures hautes (arbres ou vignes). - Que Choisir

    • Magiciens d'eaux. Pour prévenir les pénuries d'eau potable, la Vendée compte recycler ses eaux usées. Le département est très dépendant de ses eaux de surfaces, vulnérables au changement climatique. C'est pourquoi il s'est associé à l'entreprise Véolia pour tester la production d'eau potable directement à partir d'eaux usées. En France, seuls 0,6% des eaux usées sont recyclées, dans l'irrigation agricole et l’arrosage des espaces verts. Dans le monde, la moyenne est de 4%. Toutefois, leur utilisation à des fins domestiques reste encore largement taboue. - Novethic

    La Méditerranée va-t-elle passer l'été ?

    L'amer monte. Le désastre se pare parfois des plus belles couleurs, comme le montre le documentaire d'Alexis Marrant « La Méditerranée va-t-elle passer l'été ? ». Ses eaux turquoises qui abritent 10% de la biodiversité de la planète se troublent et se vident de leurs habitants. Au large, des pêcheurs s'appauvrissent, des promoteurs s'avilissent et des riverains tombent malades. Autant de scandales qui augurent un avenir sombre. A regarder avant d'y envisager une baignade... ou pas.

    La Méditerranée va-t-elle passer l'été ?, Alexis Marrant, 2018, Arte France

    © Arte

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  • Le calme hâtant la tempête
    il y a 1 semaine
    La pression monte sur le climat et l'exécutif se dégonfle Affichez Vert (en entier) dans votre navigateur Je m'inscris...
    Le calme hâtant la tempête
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    Mercredi 21 juillet 2021
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    Quand la tension monte et que l'exécutif se dégonfle, c'est le calme hâtant la tempête. 

    Loi « climat et résilience » : le sacre de l'urgence tranquille

    Verte mais pas mûre. Mardi, l'Assemblée nationale et le Sénat se sont mis d'accord sur la version définitive de cette loi, très largement insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques de la France.

    Qu'il s'agisse de la copie originale du gouvernement ou de la version retravaillée par le Parlement, le projet de loi « climat et résilience » est un échec à la fois démocratique et écologique, comme Vert l'a régulièrement raconté (ici ou ). D'une part, il trahit plutôt qu'il ne traduit les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, comme ses membres s'en sont maintes fois ému·e·s. D'autre part, il permettra, au mieux, d'atteindre 20% de baisse des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 (par rapport à 1990), contre les -40% prévus pour 2030. Pis, les pays de l'Union européenne viennent de s'entendre pour rehausser l'objectif à -55% (Vert).

    Voici, quelques-unes des avancées toutefois introduites par ce texte :

    La publicité en faveur des énergies fossiles est interdite dès aujourd'hui. Celle pour les véhicules les plus polluants (qui émettent plus de 123 grammes de dioxyde de carbone par km) sera interdite en 2028.

    Les emballages alimentaires à usage unique en polystyrène sont interdits à compter de 2025.

    L'écotaxe pour le transport routier de marchandise pourra être (re)mise en place dans les régions frontalières volontaires à partir de 2024.

    « Nous reprendrons la totalité des 149 mesures sauf trois d'entre elles » avait promis Emmanuel Macron aux membres de la Convention citoyenne pour le climat, le 29 juin 2020. © Présidence de la république

    Les zones à faibles émissions (où les véhicules les plus polluants sont interdits) seront étendues aux agglomérations de plus de 150 000 habitants d'ici 2025. En contrepartie, un prêt à taux zéro sera expérimenté à partir de 2023 pour permettre aux riverains les plus pauvres de changer de voiture.

    Les véhicules diesel ou essence seront interdits à la vente en 2040 (contre 2035 décidé par l'Union européenne). La prime à la conversion - en cas de mise au rebut de véhicules polluants – est élargie à l'acquisition de vélos électriques.

    Les vols aériens sont interdits lorsqu'ils sont substituables par un trajet direct en train de moins de 2 heures 30 (hors correspondances). Les compagnies devront compenser les émissions de leurs vols intérieurs (50% en 2022, 70% en 2023, 100% en 2024).

    La rénovation énergétique des logements classés E sera obligatoire à partir de 2034. Les logements classés G ou F seront interdits à la location à partir de 2025 mais la mesure paraît difficilement applicable.

    L'artificialisation des sols devra atteindre zéro (net) en 2050 mais les mesures associées sont insuffisantes. Par exemple les nouveaux centres commerciaux de plus de 10 000 m2 sont interdits mais 90% d'entre eux sont déjà en-dessous de cette surface.

    Les menus végétariens sont expérimentés dans les cantines, à raison d'une fois par semaine. Les collectivités locales volontaires pourront tenter une option végétarienne quotidienne.

    Les engrais azotés seront peut-être taxés si les objectifs annuels de réduction ne sont pas atteints pendant deux ans d'affilée (Vert)

    L'écocide est défini comme une atteinte grave et durable à la santé ou à l'environnement et commise de façon intentionnelle. La peine maximale est de dix ans de prison. 

    • Depuis lundi, la Sibérie subit d'impressionnants feux, qui ont réduit près de 800 000 hectares de forêts en cendres. Il y fait actuellement 30 degrés, soit dix fois plus que les températures habituellement enregistrées dans cette région parmi les plus froides du monde. - France Info

    • Au même moment, la province du Henan, dans le centre-est de la Chine est frappée par des pluies torrentielles, qui ont fait 12 morts et 200 000 déplacé·e·s selon un bilan provisoire. Les images sont spectaculaires et les dégâts conséquents. D'autre part, le barrage de Yihetan, près de la ville de Luoyang peuplée de 6,5 millions d’habitants « peut s’effondrer d’un instant à l’autre », ont alerté les autorités, laissant entrevoir la possibilité d'un véritable drame humain. - Le Parisien

    • Lundi, l'Institut australien pour la science marine, rattaché au gouvernement australien, a communiqué sur les perspectives d'avenir « toujours très mauvaises » de la grande barrière de corail. Le réchauffement climatique représente sa « plus grande menace » même si les cyclones ou les vagues de chaleur ont diminué en 2020, permettant une certaine accalmie. L’ensemble de 2 300 km de long a perdu la moitié de ses coraux depuis 1995, selon une autre étude parue en octobre 2020 et retrouvée par Libération

    • Mardi, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a prédit des émissions de CO2 record dès 2023, liées à la reprise économique mondiale et à la hausse de la consommation d'énergie qui en découle. Cette situation aurait pu être évitée si les plans de relance avaient été utilisés pour développer les énergies renouvelables et favoriser la sobriété énergétique, d'après l'agence. Sur les 13 000 milliards de dollars dépensés par les États pour redresser l'économie mondiale, seuls 2% sont effectivement fléchés vers les énergies renouvelables, souligne l'AIE

    © DR

    La goutte d'eau qui... Mardi et mercredi derniers, l'est de l'Allemagne et la Belgique ont subi des inondations « qui dépassent l'imagination » selon les mots de la chancelière allemande Angela Merkel. Le bilan provisoire s'établit à 200 morts, dont 169 en Allemagne. Des photos du désastre ont circulé, dont ces vues aériennes de la municipalité d'Altenahr en Rhénanie-Palatinat entièrement ravagée par la crue de l'Ahr. De nombreux observateurs espèrent que ces événements dramatiques donneront un coup de fouet aux politiques de prévention mais aussi d'adaptation au changement climatique menées en Europe.
    • Pacte avec les diables. L'Union européenne ne parvient pas à se dégager du traité sur la charte de l'énergie, qui permet aux entreprises du secteur de l’énergie (fossile) d'attaquer les gouvernements si les politiques (climatiques) ont un impact négatif sur leurs investissements. Signé en 1994 par 54 pays du continent Eurasien, ce pacte ne peut être réformé qu'à l'unanimité. Et une de ses clauses prévoit que les pays partants restent soumis à ses conditions pendant encore vingt ans. Or, des télégrammes diplomatiques, qu'Euractiv a consultés, révèlent que les négociations achoppent toujours avec les pays fortement dépendants  des recettes d’exportation d'énergies fossiles, qui refusent la réforme. - Novethic

     Oursont-ils passés ? Au Canada, la population d'ours dans la baie d'Hudson a diminué de 24% en trente ans pour passer de 1 200 individus à 850 aujourd'hui, ont constaté les scientifiques de l'association Polar Bear International. Devant la caméra de France Télévisions, ils ont expliqué comment la fonte de la banquise réduisait la période de chasse des ours, menaçant ainsi leur capacité à se reproduire et à survivre. Selon eux, des évolutions similaires menacent les autres population d'ours en Arctique – France Télévisions

    « En 10 minutes, Bezos et ses trois clients vont émettre chacun 75 tonnes de CO2. 10 minutes. Sur terre il y a un milliard de personnes qui n'atteignent pas ces niveaux d'émissions sur une vie entière»

     

    - Lucas Chancel, économiste
    Rêve de boss. Quelques jours après le milliardaire britannique Richard Branson, l'Américain Jeff Bezos (fondateur d'Amazon et première fortune mondiale) a lui aussi passé dix minutes dans l'espace. Il a pris place à bord du propulseur New Shepard de son entreprise Blue Origin. Il en est revenu « abasourdi » par « la beauté et la fragilité » de la Terre tandis que son directeur général, Bob Smith, annonçait les beaux jours du tourisme spatial : « ce n'est que le commencement ».

    Pour l'économiste français Lucas Chancel, auteur de Unsustainable inequalities (inégalités insoutenables) cette escapade formidablement chère et polluante - et inutile - est une illustration parfaite des liens entre inégalités sociales et destruction de l'environnement. D'où son tweet acerbe. D'ailleurs Jeff Bezos en est conscient lui aussi puisqu'il a tenu à remercier ses employé·e·s et les client·e·s d'Amazon de lui avoir permis d’abîmer encore un peu plus la planète : « parce que vous les gars, vous avez payé pour tout cela ».
    Garde (ta) robe. Louer des vêtements est encore moins écologique que de les jeter, révèle une étude publiée dans la revue Environnemental Research Letters et dénichée par le Guardian. Les scientifiques y ont comparé cinq façons de disposer de ses vêtements, incluant la location, l'achat-revente et la possession (plus ou moins longue) suivie d'un recyclage ou non. Résultat : la location de vêtements cache des coûts environnementaux importants liés aux transports, au conditionnement des vêtements et aux nettoyages à sec très énergivores. Sans surprise, la seule façon de tendre vers une mode durable est d'acheter des vêtements de qualité, en faible quantité et de les porter le plus longtemps possible. - Guardian
     
    • Et puits s'en vont. Au Groenland, le nouveau gouvernement écologiste a annoncé, jeudi, l'interdiction de la prospection pétrolière dans le vaste territoire arctique. La décision est surtout symbolique car l'exploration était déjà au point mort ces dernières années du fait de la faible rentabilité des gisements. Par ailleurs, le gouvernement mène actuellement des consultations en vue d'interdire la prospection et l'exploitation de l'uranium que ses sols recèlent en grande quantité. - AFP

    • Mâlediction. Lundi, le ministère de l'agriculture s'est engagé à mettre fin au broyage annuel des 50 000 poussins mâles nés dans les élevages de poules pondeuses. A compter du 1er janvier prochain, les couvoirs de poules devront avoir installé ou commandé un appareil permettant de détecter le sexe des poussins dans l’œuf et donc d'éviter leur élimination après l'éclosion, selon un décret encore en préparation. Le broyage est déjà interdit en Suisse depuis le 1er janvier 2020 (mais le pays autorise leur asphyxie avec du CO2) et l'Allemagne s'apprête également à l'interdire au 1er janvier 2022, rappelle Libération

    Demain s'entête  

    Z.A.Dire ? Des années après sa dissolution, suite à l'abandon du projet d'aéroport, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes continue de fasciner et d'interroger. Plus qu'une lutte collective, elle a été une expérience politique et sociale de grande ampleur. Réalisé par les habitant·e·s et diffusé en avril 2018, le documentaire Demain s'entête donne à voir la ZAD de l'intérieur : pétrie de doutes et de folies, d'humilité et d'ambitions. Le tout est servi par des images splendides et terriblement poétiques, comme un rêve que l'on aurait aimé prolonger.

    © Groupe Groix

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  • Le fond de l'air effraie
    il y a 2 semaines
    Pendant que l'Europe tire des plans sur le climat, le reste du monde sombre dans un chaud effroi. Affichez Vert (en entier)...
    Le fond de l'air effraie
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    Mercredi 14 juillet 2021
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    Pendant que l'Europe tire des plans sur le climat, le reste du monde sombre dans un chaud effroi.

    La Commission européenne présente sa nouvelle stratégie contre les émissions de gaz à effet de serre

    L'exécutif européen dévoilera à la mi-journée une colossale feuille de route destinée à renforcer sensiblement l'action climatique sur tout le continent.

    En avril dernier, l'ensemble des pays membres de l'Union européenne s’est mis d’accord pour baisser les émissions de gaz à effet de serre de 55% d'ici à 2030 (par rapport à 1990), contre 40% fixés initialement (Vert). Dans son nouveau plan de bataille baptisé « Fit for 55 », la Commission européenne prévoit douze projets de loi et des réformes dans presque tous les secteurs : industrie, transports, énergie, bâtiment, forêts et sols, etc. 

    Les objectifs climatiques fixés aux États membres devraient être réhaussés. La Commission devrait ainsi relever à 38% ou 40% la part d'énergies renouvelables visée en 2030, contre un objectif actuel de 32%. La consommation d'énergie devra décroître d'au moins 36 ou 37%, contre 32,5% actuellement. Bruxelles prévoit également de fixer une date à partir de laquelle les voitures ne devront plus émettre de CO2, aux alentours de 2035 ou 2040. Enfin, elle a promis une taxation progressive du kérosène pour les vols aériens à l'intérieur de l'UE.

    La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, détaillera ce mercredi la feuille de route "Fit for 55" © European Parliament

    Mais le point le plus important de la stratégie est la réforme et l'élargissement du marché européen du carbone. Ce dispositif concerne actuellement 12 000 installations industrielles, représentant 40% des émissions de l'Union européenne. Après avoir reçu des quotas d'émissions gratuits (droits à polluer), les entreprises peuvent se les échanger, ce qui permet aux plus vertueuses de gagner de l'argent en revendant leurs excédents, tandis que les mauvais élèves doivent payer pour compenser leurs dépassements.

    Bruxelles propose de cesser l’attribution de quotas gratuits et de les rendre payants à compter de 2036. Elle souhaite également y soumettre certaines importations (acier, ciment, électricité...) pour lutter contre les tentatives de dumping environnemental. Elle veut enfin y assujettir les entreprises du transport maritime, du secteur routier et du chauffage du bâtiment. L’ajout de ces deux dernières catégories suscite toutefois un tollé généralisé car les fournisseurs de carburants ou de fioul domestique répercuteraient les surcoûts sur la facture des ménages.

    Les pays membres ont jusqu'à la fin de l'année pour se prononcer sur cet immense paquet législatif. Viendra ensuite la négociation avec le Parlement européen.

    • Dans la nuit de lundi à mardi, député·e·s et sénateur·rice·s se sont accordé·e·s sur une version commune du projet de loi climat et résilience, ouvrant la voie à son adoption définitive cet été. Elles et ils ont passé en revue quelque 350 articles inspirés des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Parmi les mesures structurantes : l'extension des zones à faibles émissions aux agglomérations de plus de 150 000 habitants d'ici 2025, la suppression de certaines lignes aériennes intérieures en cas d'alternatives de moins de 2h30 en train et des incitations à la rénovation énergétique des logements. Les ONG sont très insatisfaites du manque global d'ambition du texte. - Contexte

    • Lundi, le rapporteur public a recommandé au Conseil d’État de condamner l’État à 10 millions d'euros d'amende en raison de son incapacité à faire baisser la pollution de l’air sur l’ensemble du territoire. La plus haute juridiction administrative avait été saisie en 2017 par les Amis de la Terre (rejointe depuis par 77 autres requérants). Elle rendra sa décision d'ici une quinzaine de jours mais il est de coutume qu'elle suive les conclusions du rapporteur public. Il s'agirait alors du montant le plus élevé qui ait jamais été imposé pour contraindre l’État à exécuter une décision prise par le juge administratif. - Le Monde

     Jeudi, l'Union européenne a infligé à BMW et Volkswagen une amende de 875 millions d'euros pour entente illégale sur les systèmes de dépollution. Les deux constructeurs automobiles se sont concertés pendant plus de cinq ans pour ne pas dépolluer plus que la réglementation l’exigeait, alors même qu'ils maîtrisaient la technologie. Ils ont en particulier freiné l'élimination des émissions nocives d’oxyde d’azote (Nox) échappant des moteurs diesel, qui tuent plus de 100 000 personnes chaque année. En choisissant de révéler l’affaire, un troisième constructeur, Daimler, a bénéficié d’une immunité totale, évitant ainsi une amende d’environ 727 millions d’euros. - Le Monde

    • Jeudi encore, la direction d'EDF a annoncé l'abandon de son projet Ecocombust, qui prévoyait de convertir la centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) à la biomasse. Selon l’énergéticien, les conditions économiques permettant de remplacer le charbon par des déchets de bois ne sont pas réunies. Bien que la France ait fait le choix de sortir du charbon à horizon 2022, la centrale devra continuer de fonctionner (avec du charbon) jusqu'en 2026 pour conserver le niveau de sécurité d'approvisionnement de la région. - Actu Environnement

    © Compte Twitter du météorologue Scott Duncan

    C'est (le plus) chaud. Vendredi 9 juillet, le mercure a atteint 54,4°C (soit 130° Fahrenheit) dans la Furnace creek de la Vallée de la mort (Californie). Si cette marque est validée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), il s'agirait de la plus haute température jamais mesurée de manière fiable sur Terre. Ce record viendrait effacer le précédent (129,9°F), qui ne date que du 16 août 2020. Le record officiel date de 1913 : on avait alors relevé 56,7°C dans la même Furnace creek. Mais ce chiffre est contesté par de nombreux météorologues qui doutent de la fiabilité des mesures de l'époque. - Yale climate connections (anglais)
    • Dômage collatéral. Cette semaine, de nouvelles régions du monde ont été gagnées par de suffocants dômes de chaleur. Ces masses de chaleur stagnantes, dont la multiplication est liée au dérèglement climatique, ont déjà fait grimper le mercure jusqu'à 50°C dans l'Ouest canadien début juillet. Ces derniers jours, ce sont l'Espagne, le Portugal et le Maroc qui sont touchés ainsi que l'ouest des États-Unis avec des températures pouvant aller jusqu'à 55°C dans la Vallée de la mort et 47°C à Las Vegas. - Novethic

    • Un peu, biocoup... Les exploitations agricoles converties au bio représentent désormais 12% des fermes françaises et 9,5% des surfaces agricoles cultivées. Leur nombre a progressé de 13% en 2020, pour atteindre plus de 53 000 exploitations, selon les chiffres publiés vendredi par l’Agence bio. Parallèlement, la consommation de produits bio a continué son ascension : +10,4% en 2020 et un doublement en cinq ans. Comme Vert l'avait raconté, les acteurs du secteur craignent toutefois que la déclinaison française de la politique agricole commune (PAC) pour 2021-2027 ne décourage cette dynamique. - Le Monde

    • Auto-tamponneurs - Les automobilistes ne paient pas le coût réel de leurs nuisances, révèle une étude de la direction générale du trésor publiée au printemps. Bien trop faibles, les prélèvements ne couvraient en 2015 que 36 % des externalités négatives de la circulation (usure de la route, embouteillages, accidents, pollutions sonore et atmosphérique). Les deux tiers de ces montants sont donc financés par la collectivité. Le bilan le plus catastrophique est en ville : la pollution atmosphérique et les embouteillages y sont des problèmes criants, mais le taux de couverture de ces nuisances par les automobilistes eux-mêmes n'atteint que 8%. - Reporterre
    Un tiers de l'humanité

    Une personne sur trois dans le monde est désormais en situation d'insécurité alimentaire, s'alarme l'ONU dans son rapport annuel sur le sujet, paru le 12 juillet. Cette situation, qui désigne le fait de ne pouvoir accéder de façon régulière à une alimentation adéquate (réduction des portions, repas sautés, etc), a augmenté de 15% en 2020. Cette hausse est le résultat d'un cocktail délétère conjuguant les trois C de conflits, covid et crise climatique. Pour la première fois, l’insécurité alimentaire a aussi augmenté en Europe, atteignant désormais 9,3% de la population. L'ONU estime en outre que 9,9% de la population mondiale souffre de faim chronique (contre 8,4% un an plus tôt), ce chiffre atteint même 21% en Afrique.

    • Paquebots à voir. Les paquebots de croisière les plus massifs seront bannis de la lagune de Venise à partir du 1er août. Les bateaux de plus de 25 000 tonnes, de 180 mètres de long, de 35 mètres de tirant d'air, ou dont les émissions contiennent plus de 0,1% de soufre ne seront plus autorisés à entrer dans le bassin de Saint-Marc, le canal de Saint-Marc et le canal de la Giudecca. Il y a quelque semaines, le retour de ces immeubles marins au bord de la cité des Doges avait suscité l'indignation. En plus de participer au tourisme de masse en déversant leurs milliers de passagers dans la ville, ces paquebots ont un coût écologique faramineux. Leurs émissions de soufre et d'autres polluants vicient l'air vénitien, et les vagues qu'ils produisent endommagent les fragiles écosystèmes de la lagune de Venise. - Le Figaro (AFP)

    • Garde la pêche ! Les vacances sur le littoral peuvent être l’occasion de consommer des poissons capturés localement. L'association Pleine mer propose une carte en ligne des artisans qui travaillent en circuit court. Quelque 500 artisans-pêcheurs y sont recensés de la mer du Nord à la Méditerranée. Alors que 80% des produits de la mer consommés en France sont importés, cette initiative soutient la consommation de produits plus responsables mais aussi plus rentables pour les pêcheurs. - France Info

    • Ah ! la petite semaine. En Islande, l'expérimentation de la semaine de quatre jours est un « large succès », selon un bilan des années 2015 à 2019 publié le 4 juillet dernier. Les salarié·e·s indiquent utiliser ce temps libre pour « faire des courses, participer aux tâches ménagères, faire de l’exercice et passer du bon temps avec leur famille et leurs amis », le tout se traduisant par « une baisse du stress et un plus grand bien-être en société ». Il y a quelques semaines, Vert vous révélait le contenu d'une étude britannique indiquant que la baisse du temps de travail permet également de réduire drastiquement notre empreinte carbone. - Courrier International

    • Moteurs et sens. Mardi 6 juillet, le conseil municipal de la Ville de Paris a adopté le stationnement payant pour les deux-roues motorisés thermiques à partir de 2022. Le tarif sera de 50% inférieur à celui fixé pour les voitures, lequel augmente dès le 1er août prochain de 50 à 67 % selon les arrondissements. Parallèlement, au moins 60 000 places de stationnement seront supprimées en surface d'ici à 2026. La mairie espère récupérer entre 20 et 25 millions d'euros de recettes supplémentaires, qui permettront de soutenir d'autres usages, d'élargir les trottoirs et de végétaliser la ville. - France Info
     

    Dérèglement climatique : pourquoi c'est chaud

    Mercure au top. Canicules en série, sécheresses et inondations : le climat joue de plus en plus avec nos nerfs et ce n'est pas fini. Ces événements spectaculaires et ponctuels cachent aussi une autre réalité : le cycle de l'eau déraille un peu partout dans le monde avec des menaces importantes pour les humains et l'ensemble de la biodiversité. En association avec le youtubeur Rodolphe Meyer, le Monde nous explique en détails les mécanismes à l’œuvre dans ce brillant - et court - exposé.

    © Le Monde

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